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29.05.2009
La fille sans qualité
Je poursuis l’exploration de ma bibliothèque, avec La fille sans qualité, de Julie Zeh. Editions Actes sud
Un roman fort, très bien tourné. Implacable. Deux jeunes monstres montent pièce par pièce un engrenage infernal. A faire froid dans le dos...
Au début des années 2000, dans un lycée allemand, deux élèves surdoués poussent leur jeu jusqu’à l’extrême logique. Ada (quatorze ans) et Alev (dix-huit ans) sont nés pendant la guerre du Golfe ; ils ont grandi avec les images du conflit des Balkans et celles du 11 Septembre ou des attentats de Madrid. Ada, c'est une "fille sans qualités". Elle place l'efficacité au-dessus de tout et dit n’avoir pas d’âme.
Avec Alev, Ada a trouvé son maître de jeu. Elle se prête aux expériences comme si elle était à l’extérieur d’elle-même. Tous les deux sont amoraux : les jeux peuvent aller loin.
Sont-ils nihilistes ? Non :
Alev : « Les nihilistes, eux, croyaient au moins en l’existence d’une chose à laquelle ils pouvaient ne pas croire. »
Ada : « Nous, nous sommes les arrières-petits-enfants des nihilistes ».
Un seul petit regret : les tranches de réflexions philosophiques sont par endroit un peu longues.
20:14 Publié dans Qu'est ce qu'on lit (au lit) ? | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : la fille sans qualité, julie zeh, critiques
25.05.2009
Victoire
Victoire, de Joseph Conrad
Ce livre-là ne fait pas partie de l’actualité littéraire, il est sorti en 1915, mais il vaut le détour !
Quelle ambiance du bout du monde, quel huis clos exotique ! Attention, il est difficile de lâcher le volume avant de l’avoir terminé.
La quatrième de couverture décrit Victoire comme « à la fois un récit d’aventures, un roman philosophique, un conte colonial, une réflexion métaphysique.. », et c’est bien tout ça à la fois.
L’histoire se passe dans les îles indonésiennes, du temps des colons, au19e siècle.
Le Suédois Heyst est un homme seul, qui se promène d’île en île. Fils d’un philosophe, il se refuse à participer au monde. Il se laisse flotter et finit par s’installer sur une île déserte. Mais il doit finalement agir et infléchir le destin d’une jeune danseuse : il l’enlève pour la soustraire à une troupe mesquine et brutale et aux avances encore plus effrayantes du propriétaire de l’hôtel, Schomberg.
Schomberg n’aime déjà pas ce vagabond de Heyst, mais là, sa haine est sans limite.
Là-dessus, trois escrocs terrifiants débarquent dans l’hôtel de Schomberg. Pour s’en débarrasser, l’hôtelier les met sur les traces de Heyst, faisant allusion à de l’or qu’il cacherait sur son île.
L’atmosphère est prenante, les personnages aussi. L’écriture de Conrad, d’une autre époque, m’a séduite également. Il multiplie les points de vue et les conteurs, ce qui donne un peu l’impression qu’on nous raconte une histoire, bien installés dans un boudoir avec de gros canapés en cuir et une tasse de thé qui refroidit. Il est vrai qu’on parle beaucoup de gentlemen dans ce roman.
16:30 Publié dans Qu'est ce qu'on lit (au lit) ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : victoire, joseph conrad, roman, critiques
24.05.2009
Calins du soir
Vous prendrez bien quelques calins pour bien dormir ? J'ai le grand plaisir de vous annoncer que deux de mes histoires vont paraitre dans un recueil collectif chez Auzou, qui devrait s'intituler "Calins du soir" : tout un programme !
Mes deux calins sont "Un secret trop bien gardé" et "John, l'oursin qui voulait être rock star".
Plaisir supplémentaire : je serais avec Christelle et d'autres participants du projet 6 dans ce recueil, voila qui est sympathique, non ?
Rendez-vous fin 2009....
03:33 Publié dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : publications, histoire jeunesse
21.05.2009
Fabrique d'histoires - 5
Nous progressons à grands pas, et maintenant, fini de rigoler ! J’ai pu montrer à mes petits artistes chaque page réalisée, en l’état où elle était, pour qu’on voie bien ce qu’il fallait faire.
Donc maintenant, pas de blague, on arrête de faire des bateaux de pirates et des châteaux : il faut compléter ce qui manque, et donc ce qui est un peu plus dur à faire : pirate avec une longue-vue, prince qui nage, etc…
J’avais quand même apporté un nouveau tampon-patate en crabe, qui a très bien marché.

Et je vous donne en exclusivité une des pages de notre livre : le pirate qui crie « Beeerk, on me met un collier de fille autour du cou ! ». Très réussi, non ? Le pirate a été réalisé par une petite fille est qui en CP, et qui n’a pas peur de tenter ce que les autres ont trop peur de rater.

18:11 Publié dans Fabrique d'histoires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : animation, atelier, enfants
18.05.2009
Anchise
Anchise, de Maryline Desbiolles, éditions du Seuil, collection Fiction & Cie.
J’avoue, je l’ai lu seulement parce qu’il a eu le prix Femina (en 1999 !), car le titre ne me disait rien. Et pourtant, quelle belle surprise !
Quelle poésie dans ce court roman d’une centaine de pages, qu’on lit comme une délicate friandise.
Ça se passe de nos jours dans la campagne près de Nice, et pourtant on a l’impression que c’est un roman sans temps et sans lieu, comme un beau conte. On y parle de trois maisons au bord de la départementale, où s’accrochent des vieux. Ils sont isolés mais ne s’aiment pas et se parlent encore moins. Sasso traite tout le monde de con, la Thomas s’enferme derrière ses volets et ne voit pas le jour, et Anchise… Anchise c’est autre chose.
Anchise, c’est l’homme de la maison du milieu. L’homme qui a aimé sa femme, morte bien trop tôt. C’est cette histoire d’un amour dont il ne se remet pas, l’histoire d’un rêveur qui a des abeilles qui lui sortent des poches.
En toile de fond, Maryline Desbiolles parle beaucoup de la campagne aujourd’hui, quand 80 % de l’humanité vit dans les villes, comme elle aime à le répéter au détour des pages.
« Campagne. Vaste étendue de pays découvert. Si découvert en effet malgré les broussailles, les ares qui peu à peu remplacent ce qui fut cultivé…[…]. Le maquis, il vaut mieux le prendre en ville. Etendue de pays découvert mais fermé comme une huître […] »
C’est vraiment un très beau roman, très doux. Je ne connaissais pas l’auteur, mais ça donne envie de lire d’autres livres d’elle (j’ai vérifié : ouf, il y en a d’autres.)
18:24 Publié dans Qu'est ce qu'on lit (au lit) ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : anchise, maryline desbiolles, critiques, roman









