16.10.2009
Baudrillard ou "Le jogging est une nouvelle forme de servitude volontaire"
J'ai lu l'"Amérique" de Jean Baudrillard le sourire aux lèvres. Ce n'est pas toujours le cas pour les essais. Mais là... on ne peut pas s'en empêcher. Baudrillard, plus connu pour La société de consommation, tente de comprendre ce qui fait que les Etats-Unis sont si mythiques, si admirés, si détestés, si grands, si... américains.
Dans les thèmes qu'il aime particulièrement gratouiller : le désert, la grandeur du pays, les freeways et les automobiles, et le jogging.
J'arrête de vous faire mariner, voici quelques pépites (de cookies, of course) :
"Le désert est une extension naturelle du silence intérieur du corps" (c'est beau, non ?)
"Rien n'évoque plus la fin du monde qu'un homme qui court seul droit devant lui sur une plage, enveloppé dans la tonalité de son walk-man, muré dans le sacrifice solitaire de son énergie, indifférent même à une catastrophe puisqu'il n'attend plus sa destruction que de lui-même, que d'épuiser l'énergie d'un corps inutile à ses propres yeux." (Vlan ! Jetez vite vos chaussures à courir)
"L'intelligence de la société américaine réside tout entière dans une anthropologie des moeurs automobiles"
et puis aussi, sur Los Angeles : "Dans cette métropole centrifuge, si tu descends de ta voiture, tu es un délinquant, dès l'instant où tu te mets à marcher, tu est une menace pour l'ordre public, comme les chiens errants sur les routes" (le pire, c'est que c'est assez réaliste...)
Pour qui, ce livre ?
Ceux qui reviennent des Etats-Unis, ceux qui vont aux Etats-Unis, ceux qui sont aux Etats-Unis.
Ceux qui sont en manque d'argument pour ne pas courir le dimanche matin.
Ceux qui n'aiment pas la télé.
Ceux qui aiment le désert.
Ceux qui aiment Baudrillard.
Et puis d'autres encore.
22:35 Publié dans Qu'est ce qu'on lit (au lit) ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jean baudrillard, amérique, critique, essais










Commentaires
Zut, je viens de m'inscrire au semi marathon de Paris !! ;-)
Ecrit par : Aurélie | 14.11.2009
Eh eh ! Si tu as un gros coup de flemme la veille, tu pourras me remercier pour te tirer de ce faux pas d'une façon on ne peut plus chic : "Vous voyez, c'est à cause de Jean B."
Ecrit par : Léna Ellka | 15.11.2009
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