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02/08/2010

Pourquoi lit-on des romans ? (2/2)

Hop, suite et fin de notre passionnante enquête dans le Sciences humaines de cet été. Et pour nous mettre en appétit : le best-seller !

Le secret du best-seller
Le secret du best- seller, c’est de présenter des personnages qui nous ressemblent, avec les mêmes valeurs, des passions qui nous parlent, précisément parce qu’elles sont stéréotypées. Le best-seller encourage le lecteur dans ses croyances et ses attentes. Parce que l’autre me ressemble, il me sécurise. Je suis protégé  et rassuré par le personnage du roman, que je chéris.

La littérature, un avantage évolutif
Autre thèse fort intéressante mentionnée dans le dossier : la capacité à forger des histoires relève des facultés proprement humaines de produire des « mondes possibles ». L’imagination serait un moyen d’explorer le monde en pensée, de vivre des situations pour « voir » comment s’y prennent les personnages pour résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés.


Et la littérature de jeunesse dans tout ça ?
Depuis les années 60 et les recherches en psychologie, l’enfant n’est plus vu seulement comme un petit être fragile qu’il faut protéger, mais aussi comme un être pensant, porteur d’angoisses sur des sujets existentiels. Bruno Bettelheim parle même de « pervers polymorphe ». Voilà qui ouvre la voie à des histoires plus riches et complexes !
« Les enfants cherchent aussi dans l’acte de lire des réponses à leurs interrogations fondamentales », indique l’auteur de l’article sur la littérature jeunesse, Edwige Chiroutier. Ce n’est pas une simple fuite de la réalité ni un simple amusement.
La littérature fournit de l’intelligibilité à leur expérience du monde.
La fiction, à bonne distance entre l’expérience personnelle trop chargée d’affect, et les concepts trop abstraits, permet à de jeunes enfants de s’engager dans l’expérience de la pensée, explique encore E Chiroutier.
D’où l’importance de « ne pas voler les enfants » comme le dit Claude Ponti.

Alors, convaincus ?
Vous êtes déjà repartis lire ? Vous avez bien raison…


Sciences humaines numéro 218 – août-septembre 2010. Dossier « la littérature, fenêtre sur le monde » coordonné par Catherine Halpern,
Avec notamment « pourquoi lit-on des romans » d’Héloïse Lhérété, « à quoi pense la littérature jeunesse » d’Edwige Chiroutier. Et aussi : La littérature nous rend-elle meilleurs, Bienvenue dans mon cerveau, Le polar américain, reflet des fragilités sociales, Le roman, laboratoire sociologique, Ce que la littérature comprend de l’histoire.

Commentaires

Merci pour toutes ces explications et surtout la référence de l'article (ce que tu dis est non seulement hyper intéressant mais en plus, il y a matière à débat... notamment sur la relation du lecteur au "je" du livre ; je pose la question : pourquoi tout le monde parle d'identification ?!). Je m'en vais ça lire immédatement !

Écrit par : Yvves | 05/08/2010

Tu ne seras pas déçu, ce numéro de Sciences humaines est vraiement un must ! Il y a aussi un dossier sur "qui va garder les enfants ?" et sur l"économie du bonheur", c'est dire...

Écrit par : Léna Ellka | 05/08/2010

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