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27/02/2011

Enfance

critiques,enfance,nathalie sarraute,mémoiresJ'ai découvert ce livre de Nathalie Sarraute lors de mon atelier d'écriture. L'auteur y écrit ses souvenirs d'enfance. Jusque là, rien de plus classique. Mais sa technique est particulièrement intéressante : elle les raconte sous forme d'un dialogue entre elle et son double. Cela permet de creuser les souvenirs, de ne pas rester sur quelques impressions, bref, d'être le plus honnêtre possible avec son passé. Car le double est toujours là pour demander "es-tu sûre que tu pensais déjà ainsi à l'époque ? N'est-ce pas une projection ?" Le double demande aussi des détails, contredit...

Durant l'atelier, nous devions utiliser cette technique pour raconter un de nos souvenirs. C'est redoutablement efficace pour percer la surface et creuser là où ça fait mal !

J'ai donc eu envie de poursuivre et de voir ce que Nathalie Sarraute en faisait sur un livre entier. Elle raconte son enfance (elle est née en 1900) entre ses parents divorcés et deux pays. Son père est un chimiste russe, exilé à Paris, qui s'est remarié. Sa mère, fanstaque et distante, vit toujours en Russie. Nathalie raconte sa passion de l'école primaire, lieu de justice parfaite à ses yeux d'enfants (sans doute par rapport à l'arbitraire de sa belle mère ?). Elle raconte sa relation forte mais pudique avec son père, les mots violents de sa mère quand la fillette cherchait justement à être consolée... Un livre beau et juste sur l'enfance, avec ses joies et ses angoisses extrêmes.

Tout ça donne aussi envie de lire "L'ère du soupçon", un essai sur la littérature et qui récuse les conventions du roman. N'oublions pas qu'elle est un des auteurs du "Nouveau Roman". Elle y analyse notamment l'aspect novateur des oeuvres de Joyces, Proust et Virginia Woolf... Un argument qui se suffit à lui-même pour la woolfophile que je suis !!

Commentaires

Visiblement (mais je ne suis pas expert en Nathalie Sarraute), elle a prolongé ça, jusque dans son dernier ouvrage, Ouvrez (1997), qui d'ailleurs n'est toujours pas repris dans ses Œuvres complètes en Pléiade (je trouve d'ailleurs çà un peu glauque, de publier les œuvres complètes de quelqu'un qui est encore bel et bien vivant... mais bon, si peu d'auteurs sont rentrés vivants en Pléiade qu'à mon avis, elle a dû "bien" le prendre).

J'avais, de mon côté, juste lu la pièce Pour un oui ou pour un non, que j'avais adorée (si je dis que j'ai trouvé quelques aspects beckettiens à ce texte, tu hurles au prosélytisme ?).

Pour le côté Nouveau Roman, en tous cas, il paraît qu'on est loin des romans sur-expérimentaux à la Butor/Robbe-Grillet avec des pages et des pages de descriptions sans fin...

Tu as raison : faut se mettre à Sarraute !!!

Écrit par : Yvves | 28/02/2011

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