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25/07/2011

Organes

Marie-Hélène Lafon, OrganesUn choc ! Et une belle découverte.

Il y a quelque temps, en déposant une pile de romans à mon troc livre préféré, j'étais repartie avec "Organes", de Marie-Hélène Lafon, sous le bras.

Ce livre est formidable, et j'ai le plaisir de découvrir une auteure que je ne connaissais absolument pas. Croyez moi, j'ai bien l'intention de lire ses précédentes et futures oeuvres !

"Organes" est un recueil de nouvelles, où le corps est presqu'un personnage à part entière. Les gens ne parlent pas, mais ils sentent, ils reniflent, ils observent. Tout est caché, bien sûr, car nous sommes à la campagne dans les années 60.

L'écriture est épurée, et les ambiances très marquantes. C'est l'intime qui est décrit, des petits riens. Mais souvent, on sent la violence ordinaire qui affleure.

Un petit extrait pour vous donner l'eau à la bouche :

« C'est le défaut de sa grand-mère, maternelle, sa faiblesse, le parfum, elle n'a pas de parfum, elle a une odeur. Elle sent la salaison, la salaison de qualité, certes, ce qui est une excellente odeur pour les salaisons de pays, fermières, cent pour cent pur porc, mais pas pour les gens. Surtout pas pour les femmes. L'odeur de la salaison est dans sa peau, depuis tout le temps qu'elle trône en boutique. Avec les salaisons. L'odeur est en elle, elle ne la sent pas, elle ne se sent pas, elle est propre, son hygiène corporelle est extrême ses vêtements irréprochables. Il n'aime pas embrasser sa grand-mère, il n'aime pas quand elle l'embrasse, il ferme les yeux, il reste distant, il ne s'abandonne pas, il ne peut pas, il a l'impression d'être le petit-fils unique d'un saucisson sec et géant qui l'étreindrait avec affection. »

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