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06/12/2014

La femme gelée

critiques, roman, Annie ErnauxJe suis en train de lire ou relire une bonne partie de l’œuvre d'Annie Ernaux. A cette occasion, j'ai découvert La femme gelée, qui est assez terrible.

Annie Ernaux prend comme matière première de tous ses romans sa propre vie, mais à chaque fois avec des angles différents.

Ici, l'angle, c'est l'égalité des sexes. Elle raconte son enfance en Normandie dans le café-épicerie de ses parents. Une petite fille épanouie, aventureuse et bonne élève, qui n'a peur de rien. Une mère matrone qui mène de main de maître l'épicerie, un père plus doux qui fait la cuisine et l'attend à la sortie de l'école. Un bon début dans la vie pour une fille donc !

Annie Ernaux "monte" à Paris pour ses études, la liberté. Elle y rencontre un étudiant en sciences politiques, ils ont les mêmes idées sur l'égalité de sexes et le changement de la société. C'est le bonheur, ils finissent même par se marier, parce que ça se fait beaucoup à l'époque. Et peu à peu, Annie Ernaux raconte le lent emprisonnement de la jeune femme autrefois si libre. Elle veut préparer le CAPES, son jeune mari n'a rien contre... si elle lui mitonne quand même des petits plats. Peu à peu, la jeune femme cesse de se battre, peu à peu elle perd du terrain. L'arrivée des enfants n'arrange rien, évidemment. Seul espoir : la jeune femme ne se résigne pas tout à fait et profite de chaque sieste des enfants pour préparer son CAPES... qu'elle finit par avoir. Mais ça restera le "deuxième salaire", un travail à faire en plus du ménage et du reste. Coupable au travail de ne pas assez s'impliquer, coupable à la maison. Coupable et gelée.

Un beau livre... bien que la deuxième partie de "gel" de la jeune fille soit rude !

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