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24/01/2009

La belle vie...

La belle vie.jpg... la mienne, bien sûr mais aussi celle de Jay McInerney (traduit par Agnès Desarthe). Ca commence un certain 10 septembre 2001 à New-York. L'auteur suit deux couples, leurs amis et leurs enfants. Un des couples évolue dans un milieu intellectuel et dans le monde de l'édition. L'autre couple est très riche : la femme virevolte de galas de bienfaisance en soirées hype ; l'homme était financier, il s'est arrêté au grand dam de son épouse.

Soudain c'est le lendemain : le 11.

Et alors : est-ce qu'on peut vivre comme avant ? Est-ce le moment de tout tenter ? Peut-on encore penser à ses petits émois personnels ? Peut-on rêver à "la belle vie" ?

C'est très bien écrit, tout en finesse et mélancolie. Les histoires entrecroisées sont très prenantes. J'ai d'ailleurs eu du mal à lâcher l'objet avant la dernière page. Puis elle est arrivée, la dernière page : oh, zut, déjà ?

Vraiment, vraiment, ce livre est à mettre sous tous les yeux !

 

12/01/2009

Hélène Cixous, dedans

dedans.jpgJe lis, je lis, et j'oublie de vous en parler. Je remédie à cette négligence affreuse avec une grande découverte de fin 2008 : Hélène Cixous et son un livre intitulé "Dedans", édité en 1969 (prix Médicis).

Grasset (j'ai une version "historique", il est maintenant aux éditions des femmes) a écrit "Roman" sur la couverture, mais moi, ça me fait plutôt l'impression d'un beau poème en prose. Un beau texte impressionniste. C'est l'histoire (si on peut appeler cela une histoire, donc) d'une petite fille qui a perdu son père. Trop tôt, bien sûr. C'est en très grande partie autobiographique, ai-je appris en faisant quelques recherches complémentaires.

Quelques mots sur Hélène Cixous : spécialiste de Joyce, grande figure féministe, elle travaille aussi avec Ariane Mnouchkine (du Théatre du soleil) et réfléchit et écrit sur l'ambivalence sexuelle.

Cela se retrouve d'ailleurs dans Dedans, où les frontières sont souvent brouillées. Dedans, donc, fait ressentir ce que peut être l'amour d'une petit fille pour son père. Le livre nous place en quelque sorte dans la tête de la petite fille, où beaucoup de choses sont floues, et beaucoup de choses sont possibles aussi. Un très beau livre sur l'enfance, je trouve. Lisez donc : "J'étais encore assez proche du sol, à la bonne hauteur, celle des plantes et des bons animaux. La guerre, l'argent les journaux, les informations roulaient au-dessus de ma tête sans m'atteindre plus que le tonnerre."

Et pour le plaisir : "Je pouvais aussi évacuer ma peau ou m'introduire dans quelque objet favori dont l'intérieur m'avait toujours attiré".

04/11/2008

Si tu manges un citron...

citrons.gifJe vous avais déjà montré la couverture du recueil de nouvelles "Si tu manges un citron sans faire de grimaces" de Sergi Pàmies. J'ai enfin lu ce qu'il y avait sous la couverture : c'est très très beau aussi !

Sergi Pàmies a créé un univers dans lequel on a envie de replonger dès qu'on lâche le livre. Ce n'est pas toujours évident dans les recueils de nouvelles. Un univers de mélancolie et d'humour tendre. Ma nouvelle préférée est peut-être la dernière : un couple se sépare, et on se demande s'ils ne pourraient pas revenir ensemble, un rien suffirait, mais un rien quand même. Ou une autre, avec un homme qui envoie des enveloppes vides à des destinataires inconnus. Ou encore une autre, où un homme cherche son fils au paradis. Ou encore une autre...

(éditions Jacqueline Chambon)

03/10/2008

La traversée du Mozambique par temps calme

pluyette.gifC’est le titre du dernier roman de Patrice Pluyette. Cette traversée du Mozambique fera partie de mon palmarès des meilleurs romans 2008 (sauf superbes découvertes dans ces prochains mois !).

Si vous aimez les livres rationnels, sérieux et crédibles, passez votre chemin.

Si vous aimez les romans d’aventures extraordinaires, avec des surprises, des Indiens et des moustiques : lisez-le.

On sent que l’auteur s’amuse comme un petit fou avec les codes traditionnels du roman d’aventure, qu’il tripatouille et arrange à une sauce plus contemporaine. Il profite de son droit de créateur-auteur et en joue. Bref, le lecteur aussi s’amuse beaucoup.

L’histoire en quelques mots : un équipage, mené par le capitaine Belalcazar, part à la recherche de la ville de Païtiti au Pérou, une ville cachée où git un trésor d’or… Je ne peux pas trop vous détailler leurs aventures, sous peine de faire capoter quelques rebondissements. Voila tout de même quelques pépites, histoire de vous mettre dans le bain :

« Les piranhas font les trois huit en banc serré. »

« [les héros passent une nuit] à invoquer l’aide d’un dieu tout puissant à défaut d’un car de CRS armés. »

« Il est probable que notre histoire s’arrête dans trois pages sans plus de personnages à notre charge que cette bête dont nous ne saurions à elle seule tirer une histoire en rapport avec le sujet de la nôtre sans ennuyer le lecteur. »

02/10/2008

Le mystère Pynchon

Après avoir vu Thomas Pynchon dans tous les magazines et dans la vitrine de plusieurs librairies, je n’ai pas résisté à l’envie de savoir à quoi ça ressemblait. Une libraire Pynchonmaniaque m'a conseillé de commencer par Vineland. Ce que j’ai fait. L'édition poche fait 400 pages de caractères particulièrement tassés et minuscules. La libraire m'avait prévenue : soit on adore, soit on déteste. Moi, c'est plutôt entre les deux. De plus, je ne suis pas une grande habituée de la littérature américaine, ce qui je pense me fait passer à côté de pas mal de dimensions du livre.

vineland.gifL'histoire : elle est difficile à suivre, mais c'est je crois une des caractéristiques du sieur Thomas. Une course-poursuite aux Etats-Unis avec des agents fédéraux plus fous que ceux qu'ils pourchassent. Chasse à la drogue jusqu’au-boutiste, chasse aux révolutionnaires des années 60. Et parmi les révolutionnaires, des interrogations : qui a trahi qui ? Qui est manipulé par qui ? Les images d’un Etat policier tout puissant sont frappantes. Et surtout la folie règne partout, de tous les côtés.
Les personnages : ils ont des noms bizarres : Zoyd, Ortho Bob... Ils sont biens campés et bien loufoques comme il faut.
Le style : c'est écrit avec élégance et humour (noir bien sûr) : « L’orchestre parcourait ces vallées encore inconnues à l’époque (sauf de quelques visionnaires de l’immobilier), dans des petites bleds à la croisée de chemins, là où un jour les maisons allaient proliférer, ainsi que les malheurs toutes catégories de l’espèce humaine ». Qu’est-ce que je vous disais ? br />L'impression générale : un livre à la fois jubilatoire, lucide et sombre. Un peu trop "américain" pour moi, toutefois.