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11/09/2013

Quai d'Orsay

critiques,bd,christophe blaincritiques,bd,christophe blainJe m’aperçois que je n’ai pas parlé sur ce blog de ma BD préférée de ces dernières années : Quai d’Orsay, de Christophe Blain et Abel Lanzac (pseudonyme d’un diplomate).

Sous-titrés Chroniques diplomatiques, les deux volumes publiés chez Dargaud racontent les aventures d’un jeune chargé du « langage », Arthur Vlaminck, auprès du ministre des affaires étrangères, très inspiré de Dominique de Villepin.

Cette BD est jouissive, hilarante et instructive. C’est rare de trouver dans un même album du documentaire (la vie au Quai d’Orsay, inspiré du diplomate co-auteur), des textes drôles et un dessin génial. Regardez les épaules remontantes du ministre sur la couverture et vous aurez tout compris. C’est comme si on avait aussi le son et le mouvement.
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A lire, à offrir et à relire !

05/09/2013

Chroniques de Jérusalem

La BD critiques, bd, guy delisle"Chroniques de Jérusalem" est un épais album de Guy Delisle, aux éditions Delcourt (collection Shampoing). Attention, ça ne se lit pas en un soir.

Guy Delisle raconte sa vie de "conjoint d'expat" : sa compagne est en mission pour MSF à Gaza, et ils sont basés à Jérusalem. Il raconte ses aventures d'auteur BD, il nous embarque avec lui dans ses visites de la ville et des villes avoisinantes, il nous raconte aussi ses déboires de père de famille expatrié, ses échecs, ses errances, ses rencontres.

Les dessins dans les tons noirs, gris et café sont doux.

Si on ne trouve pas forcément de l'humour dans chaque vignette, c'est une BD très intéressante pour avoir un regard sur le quotidien de la vie dans cette région qu'on ne connait souvent qu'à travers le JT ou les grands titres des journaux. Guy Delisle est un très bon guide.

Rien n'est noir, rien n'est blanc. Rien n'est simple non plus.

Exemple : comment résister à l'attrait d'un supermarché bien achalandé, mais situé dans une colonie ?

Si vous voulez découvrir d'autres pays avec Guy Delisle, vous pouvez aussi lire "Shenzen" pour la Chine (un très beau trait qui fait penser au fusain), "Chroniques birmanes", ou encore "Pyonyang" sur la Corée du Nord.

 

04/09/2013

Le complot contre l'Amérique / The plot against America

critiques,roman en anglais,philip rothDans mes bagages cet été, j'avais pris un roman en anglais : The plot against America (Le complot contre l'Amérique), de Philip Roth.

Double intérêt : lire en anglais, et retenter de lire un roman de Philip Roth.

Ça y est, me voilà réconciliée avec cet auteur !

Le style était assez simple à comprendre et à suivre en anglais.

Et le projet m'a impressionnée. Philip Roth réécrit l'histoire (c'est donc une uchronie) : il imagine ce qui se serait passé si les Etats-Unis avaient eu un Président proche des idées nazies pendant la seconde guerre mondiale...

Le Président pro-nazi n'est autre que Charles Lindbergh, le héros aviateur. Ce choix est très intéressant, car l'auteur montre de façon très fine comment le candidat joue sur sa personne pour gagner les élections. C'est une très belle leçon de communication politique. Alors que Roosevelt, son adversaire, reste dans sa tour d'ivoire et parle d'un langage de technocrate bourgeois, Lindbergh parle avec l'accent de sa terre, il voyage de bled en bled à la rencontre des vrais gens. Surtout, il s'y rend avec son avion qui a traversé l'Atlantique, qu'il pilote lui-même... Qui refuserait un Président à la fois  homme normal et héros ?

L'autre intérêt du roman est dans le point de vue qui est pris. Le narrateur est un enfant juif de 9 ans vivant à Newark, avec ses parents et son grand frère. C'est un collectionneur de timbres passionné, qui grandit tranquillement, jusqu'à l'avènement du nouveau Président. Alors, peu à peu, son monde s'écroule. L'auteur ne s'embarque pas dans des fictions stratégico-militaires. Il décrit le délitement de la famille du petit garçon. Un de ses cousins s'embarque au Canada pour lutter contre les Nazis en Europe, son frère peu à peu s'implique dans une association juive pro-Lindbergh. Son père refuse de se résigner à migrer au Canada. Et le petit garçon, dans tout ça, doit conjuguer ses envies d'enfant et la grande Histoire.

Un beau roman très impressionnant

03/09/2013

Les pays

critiques, roman, marie-hélène lafonFormidable roman, formidable sujet, et formidable style. Voilà en résumé "Les pays", dernier roman de Marie-Hélène Lafon aux éditions Buchet-Chastel. J'avais adoré son recueil de nouvelles Organes, un peu moins le roman l'Annonce (sans doute en avais-je des attentes trop fortes. Il faudrait que je le relise).

"Les pays" raconte l'histoire d'une transfuge de classe. Claire a vécu dans au sein de se famille, éleveurs de vaches laitières dans le Cantal. Elle est maintenant étudiante en lettres anciennes à Paris. Marie-Hélène Lafon raconte comment elle n'est plus paysanne, comment elle n'est pas non plus parisienne. Elle raconte les codes différents, l'étonnement du père quand il lui rend visite.

Son style est très beau. De longues phrases, des mots qu'on ne voit pas tous les jours, mais tout cela avec naturel et douceur. Il n'y a pas de pathos, on est un peu extérieur aux personnages. Ce roman a reçu le prix du style, et c'est bien normal. C'est un bonheur de lecture, c'est doux et juste. Ma révélation de l'été !

NB : Pour ceux qui comme moi aiment les histoires de transfuge, lisez aussi Retour à Reims de Didier Eribon. Et puis aussi Lisières d'Olivier Adam (même si je trouve que le roman s'essouffle dans sa deuxième partie)

14/08/2013

6h41

Blondel, 6h41, roman, critiquesC'est le titre du dernier roman de Jean-Philippe Blondel, aux éditions Buchet-Chastel.

J'aime les histoires humanistes de cet auteur. J'avais apprécié "Le baby-sitter", "6h41" ne m'a pas déçue. Dans le train de 6h41 Troyes-Paris, Cécile rentre chez elle après un week-end épuisant chez ses parents. Hasard de la SNCF, son ex d'il y a 30 ans s'assied à côté d'elle : Philippe.

Ils hésitent à montrer qu'ils se sont reconnus, et chacun fait le point sur sa vie depuis le temps, sur l'effet que leur rupture violente a eu dans leur trajectoire.

On se sent un peu chez soi dans les romans de Jean-Philippe Blondel. Il n'y a pas de super-héros, il n'y a pas de parents géniaux ni de parents terribles. Il y a des enfances ordinaires dans des villes ordinaires. De l'humain tout simple : c'est bien !