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11/06/2011

Interview de Marion Claeys, illustratrice

illustrateurs, interview, aldo rêvait, Marion ClaeysPour fêter l'arrivée d'"Aldo rêvait" dans les librairies, je renoue avec ma bonne vieille habitude d'interviewer mes illustratrices. C'est donc au tour de Marion Claeys de nous révéler ses secrets de fabrication d'Aldo... Merci Marion !

 Après la lecture de l'histoire, comment as-tu procédé ?

Après la première lecture, il y a toujours un temps de digestion et de flânerie. J’évite de sauter sur les crayons tout de suite, d’abord par faute de temps, mais surtout pour me mettre au travail quand l’envie est vraiment sincère et présente.
On s’imprègne peu à peu de l’histoire, et inévitablement des images et des ambiances colorées apparaissent. C’est un premier fil conducteur mais je sais par «expérience» qu’elles ne seront jamais le résultat final. Elles sont juste une motivation, un but qui ouvre très rapidement de nouvelles voies : je suis incapable de dessiner ce que je veux. Mes images sont toujours l’improvisation d’une autre.

Quels sont les éléments qui t'ont inspirés ?

Les couleurs.

Qu'as-tu préféré illustrer ?

J’ai beaucoup aimé illustrer l’ambiance du Rêve. L’utilisation des transparences et de couleurs douces permet d’obtenir ce résultat.

Qu'est-ce qui a été plus difficile ?

Pour illustrer Aldo, j’ai emprunté beaucoup de chemins différents. Le plus «difficile» est certainement d’accepter de prendre une autre direction au moment où l’on s’y attend le moins. Ce n’est pas évident d’admettre de faire demi-tour, mais c’est souvent la décision la plus productive...

Quelle technique as-tu adoptée ?

J’ai essayé beaucoup de techniques avant d’obtenir le résultat voulu. J’ai commencé par le détournement de photo, puis le monotype sur pastel, puis les deux ensemble ! J’ai abandonné, puis recommencé. J’ai tenté le coloriage... En vain !
Ces périodes de «touche-à-touche» et d’ «essai-ratés» sont à la fois les plus intéressantes mais aussi les plus «douloureuses» ; elles sont inévitables, riches, longues, surprenantes et parfois énervantes ! Je les accepte de mieux en mieux car elles font parties intégrante de la démarche créative. C‘est faux de penser qu’on obtient tout de suite le bon résultat !
Finalement j’ai fouillé mes fonds de tiroirs : j’ai récupéré des papiers que j’avais fait avec une technique de relieur. C’est une amie qui me l’a enseignée. C’est un mélange de découpage, de superposition, d’alcool (pour diluer les couleurs, on s’entend bien !!) et de hasard ! Ensuite j’ai découpé «virtuellement» dans ces blocs de couleurs sur un logiciel de dessin jusqu’à ce qu’apparaissent Aldo et son monde de rêves !

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Est-ce ta technique habituelle ? Utilises-tu parfois d'autres techniques ?

A chaque nouveau projet, j’utilise une technique différente, sinon j’ai la désagréable impression de me répéter, et d’opter pour la solution de facilité. J’utilise souvent le découpage/collage, les pastels gras, le monotype. J’ai hâte d’essayer la peinture, je n’y connais rien. Je termine très souvent mes images à l’aide de logiciels de dessin.

Qu'aimes-tu dessiner en général ?

Je ne sais pas, ça varie en fonction des époques, des envies. A l’âge de 5 ans, je ne dessinais que des châteaux !

As-tu des anecdotes à raconter sur la fabrication de cet album ?

Ma grand-mère est partie pendant que je travaillais sur cet album.
Alors que je tournais en rond depuis des semaines; j’ai bouclé l’ensemble des illustrations en seulement 3 jours, les yeux rouges et le coeur serré en pensant à elle. Cet album est le sien.

Quels sont tes projets en cours ?

Je prépare le très sérieux projet de partir en vacances ! Direction les jolies montagnes kabyles.
La semaine dernière j’ai croisé un auteur avec qui j’ai déjà travaillé plusieurs fois. Il m’a dit être jaloux de cet album, et m’a proposé de travailler sur un de ses textes... Je l’attends avec impatience !

Pourquoi n'as-tu pas de blog ou book en ligne ?

Je ne dois pas en avoir envie ! Du moins j’imagine !

11/06/2010

Tomi Ungerer

musée Tomi Ungerer.jpgJ'ai profité d'un tour à Strasbourg pour visiter le musée Tomi Ungerer. Rafraichissement de mémoire : T. Ungerer est l'auteur de "Les trois brigands", un album qui m'avait marqué petite. Il est aussi l'auteur du très réussi "Otto" ('itinéraire d'un ours en peluche pendant la guerre 39-45) et de 80 autres albums, comme "Jean de la Lune".

L'intérêt du musée, c'est qu'on voit que cet illustrateur-auteur a fait un tas d'autres trucs : des affiches politiques, des dessins érotiques, des aquarelles d'animaux (et notamment d'animaux morts, par exemple un cochon qu'on saigne !). Il semble s'inspirer beaucoup de sa collection de jouets pour faire ses illustrations jeunesse.

Sur le site du musée, Vous pouvez voir toute la collection des oeuvres de Tomi Ungerer sans bouger de votre fauteuil à roulettes (cliquer sur le carré rose).

Bonne visite !

EAT_Ungerer.jpgDe gauche à droite (et de haut en bas) : Affiche contre la présence US au Viet-Nam, Album Les trois brigands, Album en Noir et blanc Pas de baiser pour maman, affiche publicitaire pour Corona

 

les-trois-brigands.gifchat.jpgcorona.JPG