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10/10/2010

Corpus delicti, un procès

corpusdelicti.jpgJ'avais bien aimé le très cruel "La fille sans qualité" de Julie Zeh. Alors j'ai lu son dernier roman : "Corpus delicti, un procès" qui n'est pas mal non plus.

Nous sommes au milieu du 21e siècle. La société a dépassé le stade primaire où l'on était encore malade. La Méthode dirige et règne sur tout, afin que le graal de la Santé ne soit pas égratigné. Oui, c'est un totalitarisme hygiéniste. Le prix de la santé : interdiction de fumer et de boire de l'alcool, cela va de soit, mais aussi obligation de faire du sport, obligation de faire des prises de sang régulières chez soi, etc. L'amour est aussi régi par des codes précis : on ne copule qu'avec des personnes biologiquement compatibles, indiquées par la Centrale de Recherche de Partenaires.

Mia, jeune scientique, est embarquée dans un procès qui va se révéler horriblement kafkaïen. Interrogée initialement pour un simple manquement à ses devoirs de prise de sang et autres contrôles sanitaires, elle se verra finalement accusée de terrorisme contre la Méthode et pire que tout, d'activiste du DAM (Droit à la Maladie).

Pourquoi ce grain de sable dans la vie de Mia ? Pourquoi cet enchaînement terrifiant ?

Le frère de Mia, Moritz, a été condamné à mort pour un crime qu'il affirme n'avoir pas commis. Mais soutenir son frère... c'est être contre la Méthode, dont les tests ADN ne peuvent être remis en cause...

Les scènes de procès alternent avec les souvenirs de son frère. S'y entremêlent une relation faite d'attirance et de haine entre Mia et Kramer, le brillant journaliste défenseur de la Méthode et prêt à tout pour démontrer sa supériorité.

Bref, un bon roman qui donne à réfléchir, avec une intrigue, des personnages intéressants... Seul regret : une tendance à la démonstration qui nuit par moment à la lecture (manie qui m'avait déjà gênée dans La fille sans qualité).

29/05/2009

La fille sans qualité

fille sans qualités.jpgJe poursuis l’exploration de ma bibliothèque, avec La fille sans qualité, de Julie Zeh. Editions Actes sud

Un roman fort, très bien tourné. Implacable. Deux jeunes monstres montent pièce par pièce un engrenage infernal. A faire froid dans le dos...
Au début des années 2000, dans un lycée allemand, deux élèves surdoués poussent leur jeu jusqu’à l’extrême logique. Ada (quatorze ans) et Alev (dix-huit ans) sont nés pendant la guerre du Golfe ; ils ont grandi avec les images du conflit des Balkans et celles du 11 Septembre ou des attentats de Madrid. Ada, c'est une "fille sans qualités". Elle place l'efficacité au-dessus de tout et dit n’avoir pas d’âme.
Avec Alev, Ada a trouvé son maître de jeu. Elle se prête aux expériences comme si elle était à l’extérieur d’elle-même. Tous les deux sont amoraux : les jeux peuvent aller loin.
Sont-ils nihilistes ? Non :
Alev : « Les nihilistes, eux, croyaient au moins en l’existence d’une chose à laquelle ils pouvaient ne pas croire. »
Ada : « Nous, nous sommes les arrières-petits-enfants des nihilistes ».

Un seul petit regret : les tranches de réflexions philosophiques sont par endroit un peu longues.