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06/01/2012

De belles perspectives livresques

Au nouvel an, discrètement, j'ai recueilli quelques pépites à lire. Rien de tel que de belles perspectives livresques pour bien commencer l'année. Voici donc :

Rayon bédé :

- Les noceurs, de Brecht Evens

- les oeuvres de Gipi

 

Rayon roman :

- Freedom, de J Franzen

- Limonov, et La moustache, E Carrère

- Vie et destin, V Grossman

- Water music, T. C. Boyle

Pas de résumé ni de commentaire. La recommandation des amis vaut largement toutes les 4e de couverture de la terre. Merci d'avoir partagé vos coups de coeur !

Et puis je m'ajoute, rayon essai :

- Pour une nouvelle critique de l'économie politique, Bernard Stiegler, suite à la lecture de son interview dans la revue XXI.

02/08/2010

Pourquoi lit-on des romans ? (2/2)

Hop, suite et fin de notre passionnante enquête dans le Sciences humaines de cet été. Et pour nous mettre en appétit : le best-seller !

Le secret du best-seller
Le secret du best- seller, c’est de présenter des personnages qui nous ressemblent, avec les mêmes valeurs, des passions qui nous parlent, précisément parce qu’elles sont stéréotypées. Le best-seller encourage le lecteur dans ses croyances et ses attentes. Parce que l’autre me ressemble, il me sécurise. Je suis protégé  et rassuré par le personnage du roman, que je chéris.

La littérature, un avantage évolutif
Autre thèse fort intéressante mentionnée dans le dossier : la capacité à forger des histoires relève des facultés proprement humaines de produire des « mondes possibles ». L’imagination serait un moyen d’explorer le monde en pensée, de vivre des situations pour « voir » comment s’y prennent les personnages pour résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés.


Et la littérature de jeunesse dans tout ça ?
Depuis les années 60 et les recherches en psychologie, l’enfant n’est plus vu seulement comme un petit être fragile qu’il faut protéger, mais aussi comme un être pensant, porteur d’angoisses sur des sujets existentiels. Bruno Bettelheim parle même de « pervers polymorphe ». Voilà qui ouvre la voie à des histoires plus riches et complexes !
« Les enfants cherchent aussi dans l’acte de lire des réponses à leurs interrogations fondamentales », indique l’auteur de l’article sur la littérature jeunesse, Edwige Chiroutier. Ce n’est pas une simple fuite de la réalité ni un simple amusement.
La littérature fournit de l’intelligibilité à leur expérience du monde.
La fiction, à bonne distance entre l’expérience personnelle trop chargée d’affect, et les concepts trop abstraits, permet à de jeunes enfants de s’engager dans l’expérience de la pensée, explique encore E Chiroutier.
D’où l’importance de « ne pas voler les enfants » comme le dit Claude Ponti.

Alors, convaincus ?
Vous êtes déjà repartis lire ? Vous avez bien raison…


Sciences humaines numéro 218 – août-septembre 2010. Dossier « la littérature, fenêtre sur le monde » coordonné par Catherine Halpern,
Avec notamment « pourquoi lit-on des romans » d’Héloïse Lhérété, « à quoi pense la littérature jeunesse » d’Edwige Chiroutier. Et aussi : La littérature nous rend-elle meilleurs, Bienvenue dans mon cerveau, Le polar américain, reflet des fragilités sociales, Le roman, laboratoire sociologique, Ce que la littérature comprend de l’histoire.

29/07/2010

Pourquoi lit-on des romans ? (1/2)

Belle question pour un été, non ?
Le dernier numéro de Sciences humaines se la pose, à l’heure où les romans pullulent dans les trains et sur les serviettes, pleins de sable entre les pages.
« Se saisir d’un roman, c’est prendre rendez-vous avec soi. » résume l’auteur de l’article.
Allons voir plus près.


Littérature, première des sciences humaines

Le roman est une chose très sérieuse (rien à voir avec une distraction, qu’on se  rassure). Le roman a un vrai « pouvoir heuristique » et une « puissance cognitive » certaine.
Dans le roman, ce qu’on cherche, c’est à mieux connaître l’humain.
D’ailleurs, Tzvetan Todorov lui-même souligne que « la littérature est la première des sciences humaines ». Ce fut d’ailleurs la seule pendant de nombreux siècles.
Certes, mais quel est l’apport du roman par rapport à des livres d’histoires, des essais, ou même par rapport au cinéma ?
Il faut séparer les connaissances qu’apporte le texte, et l’imaginaire qu’il propose. Voilà le secret du roman !

Exemple : L’étranger, d’Albert Camus.
D’un côté, c’est une synthèse de l’existentialisme : solitude, mort, absurde…
Mais, Roland Barthes souligne que « ce qui fait de l’Etranger une œuvre et non une thèse, c’est que l’homme s’y trouve pourvu non seulement d’une morale, mais aussi d’une humeur. »

Un multiplicateur d’expériences
Le roman agit comme un multiplicateur d’expériences et offre d’innombrables vies par procuration. Le lecteur peut expérimenter des situations qu’il ne peut pas vivre dans la réalité, il évite les risques, mais peut en tirer le bénéfice de l’expérience.
Ce qui rend ces expériences puissantes, c’est la matière même du roman : des mots, des mots ! Il est très facile de s’identifier au « je » du roman, car on peut se l’imaginer comme on veut, en toute liberté.
« Cette intériorisation de l’autre explique l’intimité exceptionnelle que nous ressentons à l’égard de certains personnages », indique l’auteur de l’article, Héloïse Lhérété. Le cinéma n’a pas cette force-là.
Ainsi, la littérature peut façonner et modifier nos vies. Oscar Wilde a ainsi déclaré que « la mort de Lucien Rubempré [personnage de Balzac] est le plus grand drame de ma vie. »

A suivre... (tout sur les best-sellers, pourquoi lit-on des livres pour enfants...)

12/01/2009

Hélène Cixous, dedans

dedans.jpgJe lis, je lis, et j'oublie de vous en parler. Je remédie à cette négligence affreuse avec une grande découverte de fin 2008 : Hélène Cixous et son un livre intitulé "Dedans", édité en 1969 (prix Médicis).

Grasset (j'ai une version "historique", il est maintenant aux éditions des femmes) a écrit "Roman" sur la couverture, mais moi, ça me fait plutôt l'impression d'un beau poème en prose. Un beau texte impressionniste. C'est l'histoire (si on peut appeler cela une histoire, donc) d'une petite fille qui a perdu son père. Trop tôt, bien sûr. C'est en très grande partie autobiographique, ai-je appris en faisant quelques recherches complémentaires.

Quelques mots sur Hélène Cixous : spécialiste de Joyce, grande figure féministe, elle travaille aussi avec Ariane Mnouchkine (du Théatre du soleil) et réfléchit et écrit sur l'ambivalence sexuelle.

Cela se retrouve d'ailleurs dans Dedans, où les frontières sont souvent brouillées. Dedans, donc, fait ressentir ce que peut être l'amour d'une petit fille pour son père. Le livre nous place en quelque sorte dans la tête de la petite fille, où beaucoup de choses sont floues, et beaucoup de choses sont possibles aussi. Un très beau livre sur l'enfance, je trouve. Lisez donc : "J'étais encore assez proche du sol, à la bonne hauteur, celle des plantes et des bons animaux. La guerre, l'argent les journaux, les informations roulaient au-dessus de ma tête sans m'atteindre plus que le tonnerre."

Et pour le plaisir : "Je pouvais aussi évacuer ma peau ou m'introduire dans quelque objet favori dont l'intérieur m'avait toujours attiré".

29/11/2008

Naissance d'une histoire

Notre histoire d'oiseau avance, avec Marion... Je lève un petit coin de rideau vers nos coulisses :

EnChaussettesBrouillons.jpg
Les croquis de Marion, ou la naissance d'Amédé.
Ils sont élégants ces croquis !

brouillon_Léna.JPG
Un extrait de mon premier jet de texte relu et gribouillé...
Elle est cracra, cette histoire !