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25/07/2011

Organes

Marie-Hélène Lafon, OrganesUn choc ! Et une belle découverte.

Il y a quelque temps, en déposant une pile de romans à mon troc livre préféré, j'étais repartie avec "Organes", de Marie-Hélène Lafon, sous le bras.

Ce livre est formidable, et j'ai le plaisir de découvrir une auteure que je ne connaissais absolument pas. Croyez moi, j'ai bien l'intention de lire ses précédentes et futures oeuvres !

"Organes" est un recueil de nouvelles, où le corps est presqu'un personnage à part entière. Les gens ne parlent pas, mais ils sentent, ils reniflent, ils observent. Tout est caché, bien sûr, car nous sommes à la campagne dans les années 60.

L'écriture est épurée, et les ambiances très marquantes. C'est l'intime qui est décrit, des petits riens. Mais souvent, on sent la violence ordinaire qui affleure.

Un petit extrait pour vous donner l'eau à la bouche :

« C'est le défaut de sa grand-mère, maternelle, sa faiblesse, le parfum, elle n'a pas de parfum, elle a une odeur. Elle sent la salaison, la salaison de qualité, certes, ce qui est une excellente odeur pour les salaisons de pays, fermières, cent pour cent pur porc, mais pas pour les gens. Surtout pas pour les femmes. L'odeur de la salaison est dans sa peau, depuis tout le temps qu'elle trône en boutique. Avec les salaisons. L'odeur est en elle, elle ne la sent pas, elle ne se sent pas, elle est propre, son hygiène corporelle est extrême ses vêtements irréprochables. Il n'aime pas embrasser sa grand-mère, il n'aime pas quand elle l'embrasse, il ferme les yeux, il reste distant, il ne s'abandonne pas, il ne peut pas, il a l'impression d'être le petit-fils unique d'un saucisson sec et géant qui l'étreindrait avec affection. »

29/03/2010

Contes carnivores

contes carnivores.gifDéjà, le titre est alléchant. Les 14 nouvelles ne m'ont pas laissée sur ma faim, bien au contraire. Elles sont même très étonnantes. Ca m'a donné un goût d'Amérique latine, sans trop savoir pourquoi. Quand j'ai lu quelques critiques, j'ai mieux compris : on compare Bernard Quiriny à Borges... ou à E.A Poe. De fait, les nouvelles sont fantastiques. Elles commencent souvent par la même mise en scène : un homme racontant à son ami les aventures incroyables d'un autre gentleman de sa connaissance.

On y croise une femme-orange, un peuple avec un vocabulaire très étrange, un collectionneur de marée noire, etc.

On est à 10 000 lieues des romans contemporains, on n'a plus de points de repères, sauf le fantastique Pierre Gould, qui traverse une bonne partie des nouvelles avec bonheur. Quoi, vous ne connaissez pas ce collectionneur d'ouvrages écrits par des auteurs imaginaires ?

Voilà, en résumé, des nouvelles qui vous embarquent très très loin.

Leur auteur est Belge, il a 32 ans : chapeau !

17/11/2008

Ecoutez-moi !

Trop contente je suis ! Vous vous souvenez que j'avais envoyé un texte pour l'atelier d'écriture de Télérama, "Même pas peur" ?

Mais si, il est ici, même, il s'appelle "Seule avec les portes". Mais ne vous donnez pas la peine de lire, puisque vous pouvez l'écouter maintenant !

Il fait en effet partie des 3 textes lauréats (sur plus de 100, voui voui). J'avais bien reçu un mail "vous avez gagné, vous faites partie des trois lauréats" mais ça me faisait un peu penser aux pubs "vous avez gagné une greencard" qu'il y a sur les mails, pas de quoi fouetter un chat (quoi que).

Bon, mais ce soir, je vais sur le site de Télérama, et qu'ouïe-je ? Mon texte !! Ca, c'est de la belle surprise...

Clic clic : http://www.telerama.fr

 

Si je suis vraiment fortiche, j'arriverais peut-être à l'enregistrer directement sur ce blog ? Hmm ? Mais oui !


podcast

 

le-couteau-la-peur-la-piscine,M15087.jpg

04/11/2008

Si tu manges un citron...

citrons.gifJe vous avais déjà montré la couverture du recueil de nouvelles "Si tu manges un citron sans faire de grimaces" de Sergi Pàmies. J'ai enfin lu ce qu'il y avait sous la couverture : c'est très très beau aussi !

Sergi Pàmies a créé un univers dans lequel on a envie de replonger dès qu'on lâche le livre. Ce n'est pas toujours évident dans les recueils de nouvelles. Un univers de mélancolie et d'humour tendre. Ma nouvelle préférée est peut-être la dernière : un couple se sépare, et on se demande s'ils ne pourraient pas revenir ensemble, un rien suffirait, mais un rien quand même. Ou une autre, avec un homme qui envoie des enveloppes vides à des destinataires inconnus. Ou encore une autre, où un homme cherche son fils au paradis. Ou encore une autre...

(éditions Jacqueline Chambon)

02/11/2008

Même pas peur

J'ai participé pour la première fois à un atelier d'écriture Télérama. Le thème était la peur, en l'honneur du salon de Montreuil :"La sorcière sous le lit, le loup qui dévore, le premier jour de grande école… vous savez bien, ces vraies bonnes trouilles qui ont affreusement enchanté votre enfance… Racontez-nous, en adoptant la troisième personne du singulier et en 1500 signes maximum, une de ces peurs bleues qui vous faisaient broyer du noir… Alors, il ou elle avait peur de quoi ?"

Voila ce que j'ai mis, en hommage à tous ceux qui se perdent...

Seule avec les portes
Des portes, il y en a partout et elles ouvrent sur d’autres portes, toujours atrocement identiques. Le lieu est carrelé de blanc du sol au plafond. C’est inquiétant, tout ce blanc.
Encore des portes et ensuite : un mur. Il fait froid et elle grelotte, car elle est pieds nus. Un peu d’eau glacée coule sur le sol. C’est le silence blanc et humide, traversé de bruits lointains. Sans fin, elle ouvre des portes, qui mènent à d’autres portes.
Elle panique. Elle désespère. Elle va être abandonnée à tout jamais ici !
Des cris résonnent. Ils rebondissent sur les murs lisses comme des lames. Elle tremble.
Si elle ouvre méthodiquement chaque porte et puis la porte qu’elle ouvre et puis et puis ? Non, ça, ne marche pas : la voilà à son point de départ. Il y a tant de portes ! On va la sortir d’ici, tout va bien se passer. Respirer comme elle a appris, en gonflant tout ce qu’elle peut. Comment sortir ? Face aux portes, des petites larmes coulent ; elles la réchauffent un peu.
Comment font-ils, les autres, pour ne pas se perdre dans les vestiaires de la piscine ?

 

L'atelier est ouvert jusqu'au 9 novembre minuit : à vos peurs !

(J'ai un peu souffert pour trouver comment ajouter un commentaire sur le site. Les "Wizz" de Télérama sont bien tordus par rapport aux que les blogs d'Haut et fort...)