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04/09/2013

Le complot contre l'Amérique / The plot against America

critiques,roman en anglais,philip rothDans mes bagages cet été, j'avais pris un roman en anglais : The plot against America (Le complot contre l'Amérique), de Philip Roth.

Double intérêt : lire en anglais, et retenter de lire un roman de Philip Roth.

Ça y est, me voilà réconciliée avec cet auteur !

Le style était assez simple à comprendre et à suivre en anglais.

Et le projet m'a impressionnée. Philip Roth réécrit l'histoire (c'est donc une uchronie) : il imagine ce qui se serait passé si les Etats-Unis avaient eu un Président proche des idées nazies pendant la seconde guerre mondiale...

Le Président pro-nazi n'est autre que Charles Lindbergh, le héros aviateur. Ce choix est très intéressant, car l'auteur montre de façon très fine comment le candidat joue sur sa personne pour gagner les élections. C'est une très belle leçon de communication politique. Alors que Roosevelt, son adversaire, reste dans sa tour d'ivoire et parle d'un langage de technocrate bourgeois, Lindbergh parle avec l'accent de sa terre, il voyage de bled en bled à la rencontre des vrais gens. Surtout, il s'y rend avec son avion qui a traversé l'Atlantique, qu'il pilote lui-même... Qui refuserait un Président à la fois  homme normal et héros ?

L'autre intérêt du roman est dans le point de vue qui est pris. Le narrateur est un enfant juif de 9 ans vivant à Newark, avec ses parents et son grand frère. C'est un collectionneur de timbres passionné, qui grandit tranquillement, jusqu'à l'avènement du nouveau Président. Alors, peu à peu, son monde s'écroule. L'auteur ne s'embarque pas dans des fictions stratégico-militaires. Il décrit le délitement de la famille du petit garçon. Un de ses cousins s'embarque au Canada pour lutter contre les Nazis en Europe, son frère peu à peu s'implique dans une association juive pro-Lindbergh. Son père refuse de se résigner à migrer au Canada. Et le petit garçon, dans tout ça, doit conjuguer ses envies d'enfant et la grande Histoire.

Un beau roman très impressionnant

30/08/2010

Falling angels

Falling angels.gifSi dans vos bonnes résolutions de la rentrée, il y a "améliorer mon anglais", j'ai ce qu'il vous faut ! Je viens de finir Falling angels, de Tracy Chevalier (oui oui, l'auteur de La jeune fille à la perle). Ca se lit facilement et le vocabulaire n'est pas très compliqué.

L'histoire : le jour de la mort de la reine Victoria, en 1901, deux familles se rencontrent au cimetière. Leurs tombes familiales sont voisines. Les deux filles, Maude et Livy, deviennent immédiatement les meilleures amies du monde. Les hommes se considèrent avec sympathie. Les femmes en revanche.... ont tout qui les opposent. Kitty Coleman, la mère de Maude, est belle, froide, un peu étrange (la preuve : elle n'a pas mis de robe noire en ce jour de deuil national !). Gertrude Waterhouse, elle, a la taille épaisse, des idées traditionnelles, bref, une bonne mère de famille.

Le roman raconte l'évolution de ces deux familles, qui deviennent rapidement voisines. Le cimetière est un acteur de premier plan : lieu de rencontre en tous genres et lieu de jeu pour les jeunes filles, avec le jeune fossoyeur Simon.

Kitty Coleman s'éloigne de plus en plus de sa famille, et s'engage à corps perdu dans le combat des suffragettes (pour le vote des femmes), au grand dam de son époux, de Maud délaissée, et des voisins.

Ce qui est intéressant, aussi, c'est la structure polyphonique du roman. Il progresse en écoutant un protagoniste après l'autre, par petites touches. La version de Maude enrichit celle du fossoyeur, qui enrichit celle de Kitty, etc. Ce procédé met un peu temps à démarrer, il faut bien le dire, car au début, il ne se passe pas encore grand chose. Ensuite, les choses se corsent, et la structure prend tout son intérêt.

Merci à San-tooshy pour m'avoir suggéré Tracy Chevalier en lecture de vacances ! J'ai aussi lu La jeune fille à la perle. On rentre bien dans l'univers un peu lourd du peintre Vermeer et de sa famille, on imagine l'ambiance de Delft. Oui, à lire !