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25/06/2012

Peut-on ralentir le temps ?

sciences humaines,gestion du tempsC'est le dossier du magazine Sciences humaines de juillet 2012. Excellent dossier, comme d'habitude.

On y apprend que le temps que consacre un Français à la lecture est de 18 minutes en moyenne par jour (sur 24h), sans différence notable entre homme et femme. La télé, elle, dévore 2h06 d'une journée et le travail... 2h27 ! Ca, c'est l'effet des moyennes (ça inclut les week-end et les vacances, les parents au foyer, etc)

On travaille de moins en moins, on n'a jamais eu autant de temps libre et pourtant, le sentiment de débordement menace...

Le directeur de la publication du magazine as'est dévoué et a lu pour nous les manuels de gestion du temps. Un seul mot d'ordre pour ne pas se sentir submergé : définir ses priorités !! Ah, berk, faire des choix ! Eh oui, il faut jeter les dévoreurs de temps par la fenêtre, dire non, toutes ces choses pas faciles.

Prêt ?

C'est parti pour le grand tri d'été !

02/08/2010

Pourquoi lit-on des romans ? (2/2)

Hop, suite et fin de notre passionnante enquête dans le Sciences humaines de cet été. Et pour nous mettre en appétit : le best-seller !

Le secret du best-seller
Le secret du best- seller, c’est de présenter des personnages qui nous ressemblent, avec les mêmes valeurs, des passions qui nous parlent, précisément parce qu’elles sont stéréotypées. Le best-seller encourage le lecteur dans ses croyances et ses attentes. Parce que l’autre me ressemble, il me sécurise. Je suis protégé  et rassuré par le personnage du roman, que je chéris.

La littérature, un avantage évolutif
Autre thèse fort intéressante mentionnée dans le dossier : la capacité à forger des histoires relève des facultés proprement humaines de produire des « mondes possibles ». L’imagination serait un moyen d’explorer le monde en pensée, de vivre des situations pour « voir » comment s’y prennent les personnages pour résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés.


Et la littérature de jeunesse dans tout ça ?
Depuis les années 60 et les recherches en psychologie, l’enfant n’est plus vu seulement comme un petit être fragile qu’il faut protéger, mais aussi comme un être pensant, porteur d’angoisses sur des sujets existentiels. Bruno Bettelheim parle même de « pervers polymorphe ». Voilà qui ouvre la voie à des histoires plus riches et complexes !
« Les enfants cherchent aussi dans l’acte de lire des réponses à leurs interrogations fondamentales », indique l’auteur de l’article sur la littérature jeunesse, Edwige Chiroutier. Ce n’est pas une simple fuite de la réalité ni un simple amusement.
La littérature fournit de l’intelligibilité à leur expérience du monde.
La fiction, à bonne distance entre l’expérience personnelle trop chargée d’affect, et les concepts trop abstraits, permet à de jeunes enfants de s’engager dans l’expérience de la pensée, explique encore E Chiroutier.
D’où l’importance de « ne pas voler les enfants » comme le dit Claude Ponti.

Alors, convaincus ?
Vous êtes déjà repartis lire ? Vous avez bien raison…


Sciences humaines numéro 218 – août-septembre 2010. Dossier « la littérature, fenêtre sur le monde » coordonné par Catherine Halpern,
Avec notamment « pourquoi lit-on des romans » d’Héloïse Lhérété, « à quoi pense la littérature jeunesse » d’Edwige Chiroutier. Et aussi : La littérature nous rend-elle meilleurs, Bienvenue dans mon cerveau, Le polar américain, reflet des fragilités sociales, Le roman, laboratoire sociologique, Ce que la littérature comprend de l’histoire.

29/07/2010

Pourquoi lit-on des romans ? (1/2)

Belle question pour un été, non ?
Le dernier numéro de Sciences humaines se la pose, à l’heure où les romans pullulent dans les trains et sur les serviettes, pleins de sable entre les pages.
« Se saisir d’un roman, c’est prendre rendez-vous avec soi. » résume l’auteur de l’article.
Allons voir plus près.


Littérature, première des sciences humaines

Le roman est une chose très sérieuse (rien à voir avec une distraction, qu’on se  rassure). Le roman a un vrai « pouvoir heuristique » et une « puissance cognitive » certaine.
Dans le roman, ce qu’on cherche, c’est à mieux connaître l’humain.
D’ailleurs, Tzvetan Todorov lui-même souligne que « la littérature est la première des sciences humaines ». Ce fut d’ailleurs la seule pendant de nombreux siècles.
Certes, mais quel est l’apport du roman par rapport à des livres d’histoires, des essais, ou même par rapport au cinéma ?
Il faut séparer les connaissances qu’apporte le texte, et l’imaginaire qu’il propose. Voilà le secret du roman !

Exemple : L’étranger, d’Albert Camus.
D’un côté, c’est une synthèse de l’existentialisme : solitude, mort, absurde…
Mais, Roland Barthes souligne que « ce qui fait de l’Etranger une œuvre et non une thèse, c’est que l’homme s’y trouve pourvu non seulement d’une morale, mais aussi d’une humeur. »

Un multiplicateur d’expériences
Le roman agit comme un multiplicateur d’expériences et offre d’innombrables vies par procuration. Le lecteur peut expérimenter des situations qu’il ne peut pas vivre dans la réalité, il évite les risques, mais peut en tirer le bénéfice de l’expérience.
Ce qui rend ces expériences puissantes, c’est la matière même du roman : des mots, des mots ! Il est très facile de s’identifier au « je » du roman, car on peut se l’imaginer comme on veut, en toute liberté.
« Cette intériorisation de l’autre explique l’intimité exceptionnelle que nous ressentons à l’égard de certains personnages », indique l’auteur de l’article, Héloïse Lhérété. Le cinéma n’a pas cette force-là.
Ainsi, la littérature peut façonner et modifier nos vies. Oscar Wilde a ainsi déclaré que « la mort de Lucien Rubempré [personnage de Balzac] est le plus grand drame de ma vie. »

A suivre... (tout sur les best-sellers, pourquoi lit-on des livres pour enfants...)